- La vengeance. Si je revois Rogue, je me vengerai, je le tuerai..., pensait-il.
Il était dix-sept heures et il faisait une chaleur massacrante. Il ferma le livre, un cadeau qu'Hagrid lui avait fait à la fin de sa première année à Poudlard, et s'allongea sur son lit. Une voiture arrivait à sa fenêtre, de pleins phares, et trois rouquins l'appelaient. Ron, Fred et George. Ils l'aidaient à mettre sa valise et la cage d'Hedwige dans le coffre quand quelqu'un ouvrit la porte. Il se réveilla en sursaut.
- Nous emmenons Dudlinouchet aux championnats régionaux de boxe. Nous revenons vers vingt heures trente, dit la tante Pétunia. Je t'ai laissé un peu de chou-fleur dans la cuisine, continua-t-elle. A tout à l'heure !
- Ouais c'est ça, répondit-il trop tard pour être entendu.
Il allait pouvoir être seul pendant plus de trois heures et réfléchir à la manière dont il pourrait partir de chez les Dursleys. En balai ?... non, trop voyant... Sauf avec le sortilège de désillusion... Non je ne le connais pas, pensa-t-il. Alors en transplanant, ou en magicobus ! Il choisit le transplanage malgré la sensation désagréable car le magicobus le ferait trop remarquer. Il se rappelait de ce qu'avait dit Dumbledore aux Dursleys : il devra rester en sécurité chez eux, dans le monde moldu, en attendant d'être majeur. C'était le vingt-neuf juillet, dans la nuit du trente au trente et un, il aurait dix-sept ans. Il faisait chaud – la porte d'entrée claqua et fit tomber la cage d'Hedwige – et Harry avait envie de prendre l'air – bruit de portière – pour changer d'atmosphère – deuxième bruit de portière – plutôt que de rester plongé dans ces horribles pensées – dernier bruit de portière beaucoup plus fort (cela doit être Dudley) – depuis la mort de Dumbledore – bruit de moteur et éloignement de la voiture.
Harry était de nouveau seul, il pouvait faire ce qui lui plaisait. Il mit ses chaussures, descendit l'escalier et ferma la porte derrière lui. Il marcha pendant - ce qui lui parut – un quart d'heure et arriva au jardin public, là où il avait vu Sirius pour la première fois. Une des balançoires avait perdu une attache entre la planche de bois – qui elle-même avait été fêlée, puis cassée, un des morceaux ayant moisi par terre – et la corde à laquelle on doit s'accrocher pour ne pas tomber. C'était un travail signé Dudley et sa bande.
Harry réfléchissait à ce qu'il ferait le lendemain, toujours coincé chez les Dursleys. Il fallait qu'il aille retrouver les autres chez les Weasleys le plus tôt possible. Il ne savait pas s'il avait hâte ou pas de revoir Ginny et de lui parler mais il savait qu'il le fallait.
Le ciel s'assombrissait, et une boule claire fonçait sur lui. Il ne rêvait pas, une petite masse couleur neige allait le heurter d'un instant à un autre. N'ayant pas le temps de s'écarter; Harry rabattit les bras au-dessus de sa tête et attendit la chute de cette chose si étrange. Soudain, il sentit quelque chose lui gratter le doigt et vit Hedwige qui s'installa confortablement sur son épaule. Il déroula un morceau de parchemin attaché à la patte de sa chouette et l'ouvrit tout en sachant que c'était Ron qui lui répondait.
Harry,
Ta lettre m'a fait très plaisir, je suis vraiment désolé de ne pas t'avoir répondu plus tôt mais nous étions tous débordés pour les préparatifs du mariage de Fleur et Bill. Au fait, tu es invité, il a lieu le 5 août à partir de vingt heures, et je crois que tu n'as jamais assisté à un mariage de sorciers. Moi oui, celui de ma cousine Helen avec un français nommé François (France-waouh). C'était vraiment bien, il y avait pleins de jeux mais je n'avais que quatre donc mes parents ne m'ont autorisé qu'à regarder Fred et George jouer au baby-quidditch où il faut vite s'esquiver car les cognards sont petits mais costauds ! (Charlie s'en est déjà pris un dans le nez).
J'espère que dès que tu as passé l'heure de ton anniversaire, tu nous rejoins au Terrier pour faire la fête !!!
Ginny n'arrête pas de parler de toi et a l'air assez triste que cela soit fini entre vous. Il doit forcément y avoir un moyen pour que vous puissiez vivre votre vie "normalement". Il faudra se renseigner ou demander à Hermione... Tu sais qu'elle a toujours réponse à tout ! On verra quand tu seras là.
Alors, vive le 31 !
Ton meilleur ami,
Ron.
Harry éprouva un sentiment de bonheur à l'idée qu'il était le bienvenu chez la famille qu'il admirait tant : les Weasleys. Son estomac fit une galipette sur le côté quand il lut que Ginny ne parlait pratiquement que de lui et était reconnaissant envers Ron de vouloir reconstituer leur couple mais préfèrerait trouver le moyen seul avec Ginny. Il se demandait combien de temps il pourrait rester à faire comme s'il n'éprouvait qu'un sentiment d'amitié pour Ginny alors qu'il l'aimait comme il n'avait jamais aimé aucune autre fille. Et le mariage, il avait complètement oublié ! Il regarda sa montre et préféra rentrer pour avoir le temps de manger un peu avant que les Dursleys ne reviennent. Il ferait sa valise le lendemain.



